jeudi 22 mars 2012

La tenue traditionnelle algéroise: Le KARAKOU








Ce vêtement est né à Alger au XV ème siècle, et était porté au départ par l'aristocratie algéroise lors de fêtes, mariages, cérémonies de circoncisions... cet habit qui a des siècles d'existence a su s'enrichir d'influences diverses. Il exprime parfaitement le raffinement des sublimes algéroises. Le karakou est composé d'une veste brodée de fils d'or réalisée par des orfèvres de l'artisanat. La réalisation d'un karakou qui est une pièce unique (Chaque algéroise aura son propre modèle) peut durer une année entière.



La broderie est réalisée sur du velours car il exprime le luxe et le raffinement.

Ce vêtement n'a cessé de se moderniser au fil des siècles, appelé "Ghlila" vers le 15 ème siècle, il devient le "karakou algérois", la différence entre les deux costumes est que la "Ghlila" possède un décolleté, et le karakou est cintré à la taille. Quant aux broderies, elles sont restées linéaires, aux motifs géométriques, avec également des représentations de végétaux. Le motif le plus répandu à cette époque-là reste le modèle décoratif caractéristique d'une veste masculine appelée kabbut (caban). Ce dernier est agrémenté de rosaces. Les Algéroises relèvent ce motif circulaire sur le caban pour ses décorations brodées au fil d'or. A cette époque, le velours est indissociable de la veste de cérémonie algéroise, car moins coûteux que le brocard et il résiste mieux sur le textile européen.

Ainsi, le Karakou des années 1930 du XXe siècle associe un buste dont la coupe est inspirée de la casaque à basques européenne à des manches issues de la ghlila djabadouli algéroise et une ornementation inspirée de celle des cabans masculins. Cent ans après la conquête d'Alger, la veste de cérémonie a subie des transformations. Elle est de moins en moins répandue mais perdure tout de même.



Le Karakou de cérémonie devient une pièce rare, et vers le milieu du XXe siècle, les décorations circulaires brodées sont troquées contre de simples broderies avec de petites boutons lignés sur la devanture. Cependant, le Karakou conserve sa forme cintrée qui s'évase à partir de la taille. On assiste durant ces années-là, à l'apparition d'un modèle droit et court, nécessitant moins de velours. Il s'agit d'un boléro sans manches qui remplace parfois le Karakou. Entre le XIXe siècle et le milieu du XXe siècle, la société algéroise a subi des mutations profondes. Le costume algérois a, lui aussi, subi des métamorphoses. Le Karakou, descendant du costume ouvert, fait de brèves apparitions durant la guerre de Libération nationale. Après l'indépendance, l'amélioration du niveau de vie de la population s'accompagne d'un renouveau du Karakou algérois. Des variations de formes s'opèrent, présentant ainsi des manches courtes, des décolletés divers, des décorations aux motifs de fleurs, de papillons et d'oiseaux ainsi que de paillettes et de petites perles de couleur claire. Les débuts des années quatre-vingt sont ponctués d'un modèle de Karakou printanier, plus classique et plus imposant. Le Karakou retrouve sa coupe originale, cintrée, évasée à partir de la taille et aux manches longues. Les broderies, réalisées à la technique de fetla ou de medjboud, sont axées sur des motifs végétaux.



Ce costume, qui fait partie intégrante de la culture algérienne et algéroise en particulier, redevient "tendance"! Chaque mariée l'intègre dans sa tesdira et les couturiers de la capitale rivalisent de créativité. Il en va de même pour les couturières de Blida, Médéa qui ont leur cachet. A Alger, les femmes portent le karakou avec un pantalon algérois dit serouel "m'dawer" (pantalon bouffant dont l'origine viendrait des cavaliers des steppes d'Asie) ou serouel "chelka" complété d'une "m'harma" en général "M'harmet el ftoul" sur la tête. On verra dans une autre rubrique les différents serouel qui complètent la tenue Karakou ainsi que les autres éléments qui complètent cette magnifique tenue.

A Tlemcen, le karakou est également très prisé, mais on constate que les couturiers préfèrent le réaliser avec une jupe évasée ou une jupe sirène.



Il existe maintenant des Karakou fait avec d'autres tissus que du velours pour un effet plus léger et qui permet de pouvoir mettre la veste même en été.
 

Zman


Zman




Couple Algérois


Karakou en fetla avec serouel m'dawer

Karakou fetla avec serouel chelka
Veste Karakou en fetla dorée
Veste Karakou en madjboud argenté
Veste Karakou en madjboud doré

Veste Karakou en madjboud doré




Ghlila



Les différentes tenues Algéroises









Je voulais également faire un clin d’œil et surtout rendre hommage à notre star nationale qu’on ne présente plus Mme Chafia BOUDRAA qui a élégamment porté un sublime Karakou Algérois lors de la première du film Hors-la-loi au 63ème festival de Cannes en 2010. Merci à elle d’avoir fait honneur à notre patrimoine. Voici quelques photos :


Chafiaa BOUDRAA avec les autres acteurs

Chafiaa BOUDRAA avec Rochdy ZEM

Chafiaa BOUDRAA avec Jamel DEBBOUZE










Je ne pouvais pas clôturer cet article sans faire un autre petit clin d’œil, cette fois à une supportrice de notre équipe nationale de football lors de la dernière coupe du monde en Afrique du Sud en 2010. Chapeau bas pour avoir porté le Karakou complet (avec m’harma et khit errouh) pour assister à un match de notre équipe !



7 commentaires:

  1. Merci mille fois, Mme BOUDRAA Chafia, vous nous aviez fait honneur

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    1. Bonjour, tout à fait d'accord avec vous. C'est rare de trouver une célébrité qui fait honneur à notre patrimoine à l'étranger, surtout lors d'un évènement comme celui-ci. Merci pour le commentaire et Saha Ramdanek

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  2. jolie photo de chafia une grande femme Allah ybarek

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    1. Bonjour, effectivement une grande dame qui nous a fait honneur et qui a représenté notre patrimoine.
      Merci pour le commentaire et Ramadane Moubarek

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  3. Merci aussi pour la supportrice que vous avez oublié et qu'elle a osez! Chapeau bas!

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  4. c vrai que nos "stars" ne font rien pour nous representè ! c decevant ..... il ya juste a regardè en france combien de celebritè ont des origine algerienne mais personne ne met en valeur notre patrimoine !

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    1. Vous avez raison c'est malheureux surtout sur nous avons beaucoup de choix et qu'une tenue comme le Karakou ou le badroune par exemple est très classe. Il n'y a que les caftans marocains qui sont connus dans le monde et les algériennes dont les premières a les porter donc c'est à nous algériennes de nous démarquer et de mettre à l'honneur notre propre patrimoine dès qu'on le peut

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