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mardi 3 avril 2012

Quelques Bouqalettes Partie 2

Voici encore quelques Bouqalettes, n’oubliez pas de nouer un mouchoir ou un foulard et de dire: " Fal ya felfal ya fetah lerzak fetahli sa3di mahma kan, me chmal wela mel jnoub, me chark wela mel gharb wela men blad sidi blal, e3akdo we nwiw we goulo bessm ellah"


·         Ila nta bhar, ana 7outa fik, wila nta jnan ana warda fik, wila nta thabni ana nmout 3lik


Si tu es la mer, moi je suis un poisson qui nage dans ton eau. Si tu es un jardin, moi je suis une fleur plantée dans ta terre et si tu m’aimes, moi je meurs d’amour pour toi.



·         Ki ja liya khal etoute we lil alyakoute, ana nhabha wali yhab imout imout


Quand mon brun est venu, la nuit était belle au claire de lune, moi je l’aime et celui qui veut mourir, il meurt !



·         Kwat kalbi beljmer, tlata bnate yaresslou b’ssaboune. Wahda deyra kichems, we tania deyra ki lekmer, we talta nedjma


Elle a brûlé mon Cœur à la braise. Trois filles se lavaient, la première est comme un soleil, la deuxième est comme la lune, et la troisième est une étoile.



·         Sfina tejri twissikoum ya bnat, la takhdou lbahri kloub echebka bla chefka wikheli dmou3 tejri we tejri


Le bateau avançait à grande vitesse et a conseillé les jeunes filles de ne jamais épouser un marin. Ils jettent vos cœurs dans le filet sans scrupule et sans regret. Ils laissent vos larmes couler, couler.



·         Kharja men elhamam we khdoudha yehmarou, eli ywerili darha y’3ameroulou darou


Elle est sortie du bain maure et ses joues étaient rouges, celui qui me montrera sa maison, la sienne sera pleine de bonheur et de joie.



·         Talite 3la lebhar we chtkitlou hami, antak liya elbhar we kali iferej rabi, we houbek salem ghanem we teklen 3la rabi


J’ai jeté un coup d’œil sur la mer, je lui ai vidé mon cœur, et j’ai raconté tous mes malheurs. La mer m’a alors parlé et dit : le bon Dieu t’ouvrira ses portes, et que mon amour sera saint et sauf, et que je ne pouvais compter que sur le bon Dieu

lundi 2 avril 2012

Quelques Bouqalettes Partie 1

·         « Djayez 3la beb darna yfassel fel 3akri, koltlou : Fassali 3la kaddi, kalli : 7atta tji 3andi, nfassalek kat mdahab, ou nzidlek melli 3andi »


Il passait par la porte de notre maison et il composait un caftan de couleur cannelle. Je lui ai dit : "Fais moi une tenue sur mesure", il me répondit : "Je te ferai un caftan brodé de dorures et je te rajouterai un autre cadeau"


·         « Sidi taleb dir fiya mziya, djibli hadek echbab elli mayabghich yakhzor fiya, ana chebba ou zina bessah zahri darha biya »

Monsieur le taleb faites-moi plaisir, amenez moi le bel homme qui ne veux poser ses yeux sur moi, je suis jeune et belle mais ma chance m'a trahie

·         « Djarti, ya djarti, kalbi 3lik ou 3ini fik, wech na3mel wech nwassi ida bouk makbel biya ? »



Voisine ! Ma voisine, mon cœur est pour toi et mes yeux ne voient que toi, que ferai-je si ton père me refuse ?

·         « Noudou ya naymin! bnat assaltan djayin fihoum wahda zinet azzin taâachek lahwadjeb wa el aâyn »

Oh les rêveuses, réveillez-vous, les filles du roi arrivent! L'une d'entre elles est une beauté, qui selon le bel homme, est celle qui a de beaux yeux et de jolis sourcils

·         « Ana chabba ou mahri ghali, walli yabghi yaddini yahsseb andjoum ou yasshar elyali ou yabnili akssour lâalali wa illa b'gha el ghali andjiblou b'net wa adrari »
Je suis la beauté et ma dote est chère. Celui qui me choisira devra me construire des palais... Et si mon bien-aimé accepte mes conditions, je l'honorerai d'une belle descendance

·         « Winek ya ghzali, winek ya ghzali 3oudli wa chefeq 3la hali, ghyabek 3bed ou chouqek nar wel h’yat bla bik ma tahlali »
Oh mon bien-aimé, où es-tu ? Aies pitié de mon état et reviens-moi, ton absence est une souffrance et ma vie sans toi ne vaut rien.
·         « Essamra! Ya samra, yelli hlouwa ki ettamra, 3ayounek chahla wel sanek djamra! »
Oh la brune, la brune, tu es aussi délicieuse qu'une datte. Tes yeux sont de couleur miel et ta langue est telle une flamme !

Le Jeu des Bouqalettes





Le soir lorsque le jour fait place à la nuit, les algéroises animaient leurs longues soirées par des retrouvailles organisées au cours desquelles elles savouraient la présence d'une dame âgée en l'écoutant raconter avec un art que seules les vieilles personnes possèdent les histoires et les contes.



Tout cela autour d'une «skimpla» (table basse) garnie de thé et de différentes gourmandises. Le jeu des Bouqalettes consiste à apporter une bouqala (le mot «bouqala» désigne un vase d'argile en forme de coupe au pied large) qu'on remplit d'eau et dans laquelle on jette un bijou en argent dans le but d'y attirer un djin. Après quoi, on la fait passer aux femmes désireuses de participer au jeu afin que chacune d'elle y dépose un objet personnel : broche, boucle d’oreille, bracelet, épingle à cheveux…

Les bouqalates sont des petits poèmes espiègles et allusifs, magiques et divinatoires. Ces vers merveilleux parlent d’amour, de séparations, de souhaits, de désirs secrets, de la mort et du temps qui passe. Ils sont l’âme de la finesse spirituelle algéroise et porteurs de bons ou de mauvais présages.

Enfin, on couvre la bouqala avec la « chéchia» d'une jeune fille dans laquelle on procède aux fumigations faites à base de benjoin, de henné, de quelques gouttes d'huile d'olive, des effilures de vêtement d'une femme sans mari et de petits bouts de bois prélevés de sept portes différentes afin d’éloigner les mauvais esprits et attirer les bons.

Avant chaque récitation de bouqala, chaque assistante noue son mouchoir ou son foulard ou même sa ceinture matérialisant ainsi sa pensée pour l'absent auquel elle dédie la bouqala et écoute attentivement la récitation de celle-ci. Sitôt finie, une jeune fille vierge retire au hasard un des objets du récipient et désigne de cette façon la femme concernée par la bouqala et toutes les autres interprètent, tour à tour, le présage tel qu'elles l'entendent. Puis, on remet l’objet dans le récipient et on répète l'opération plusieurs fois.

Le jeu fini, l'eau de la bouqala est jetée soit sur la terrasse soit dans la rue, au milieu de la nuit quand il n'y a plus de circulation. Si une femme veut voir dans le rêve si son vœu doit se réaliser, elle met une gorgée de cette eau dans la bouche qu'elle crache après la formulation intérieure de son vœu et elle devra voir des signes pendant son sommeil lui révélant si oui ou non il sera exaucé (Si par exemple, elle désire se marier, elle entendra des youyous dans son rêve).

Ce jeu de société existe encore de nos jours mais sous une forme beaucoup moins protocolaire. Il reste toujours apprécié pour son côté mystérieux et poétique. Ainsi on peut voir des bouqalattes dans les ballotins des dragées dans les mariages.



Alors à vos mouchoirs, voici quelques bouqalattes, mais noubliez pas qu'avant de commencer il faut dire :


" Fal ya felfal ya fetah lerzak fetahli sa3di mahma kan, me chmal wela mel jnoub, me chark wela mel gharb wela men blad sidi blal, e3akdo we nwiw we goulo bessm ellah"